Quand le minimum suffit.

Publié le par florelle

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Quand le minimum suffit…



À plusieurs centaines de mètres du sol, une drôle de publicité m’a rappelé que les pas de géant sont parfois des pas de bébé…

Sky Mall, vous connaissez? Ce catalogue, dont le nom se traduit par «centre d’achat du ciel» (alléluia!), est un petit trésor enfoui dans la pochette des sièges d’avion – généralement en sandwich entre le carnet de sécurité et le légendaire sac en papier dont on espère pouvoir se passer. On nous y propose une grande variété de produits parfois ingénieux, parfois loufoques. Je pense entre autres à la «salle de toilette intérieure pour chiens» (qui est en fait un carré de pelouse synthétique), ou à la «cuillère à crème glacée chauffante». Du pur divertissement! Imaginez Shopping TVA sur l’acide, sans la dentelle et les 15 paiements faciles…

Lors d’un récent vol LAX-YUL, je zieutais avec intérêt les nouveautés de mon céleste catalogue quand je suis tombée sur une annonce pleine page qui m’a intriguée: «Exercise in exactly 4 minutes per day», disait-elle. On y présentait un appareil d’exercices à l’allure extraterrestre qui ferait apparemment de nous des mini Madonna en 4 minutes par jour (vous avez bien lu). Et cette prétendue merveille n’était pas donnée; on nous l’offrait pour la modique somme de 15 000 $. 14 615 $, plus précisément.

Ma première réaction: yeah, right… Je comprends pourquoi ce catalogue n’est distribué que dans les avions. Il faut vraiment avoir la tête dans les nuages pour mordre à cet hameçon. Quatre minutes? C’est à peine si je peux ronger l’ongle de mon pouce droit dans ce laps de temps! La perspective de sculpter mon corps si rapidement m’apparaissait encore plus grotesque que celle d’entraîner mon chien à utiliser la «toilette» mentionnée précédemment. Après un ou deux soupirs, par contre, j’ai commencé à voir les choses sous un angle différent.

Décoller

Puisqu’on est dans le thème… Saviez-vous qu’un jet brûlait 60 % de son carburant simplement pour le décollage? Par la suite, il plane durant la majeure partie du vol – probablement porté par les mêmes vents qui font bouger les nuages. Mais c’est ici que s’arrête mon expertise.

Après avoir pensé un peu plus longuement à l'audacieuse publicité, il y a une chose qui m’a semblé indéniable: c’est que quatre minutes – même si c'est très peu – suffisent certainement pour «décoller», pour nous donner cet élan dont on a besoin pour prendre notre envol et, éventuellement, planer. C'est assez pour commencer. Et le commencement est au moins la moitié du chemin, comme on le sait.

Je me suis donc posé la question: «Que pourrais-je accomplir si je n’investissais que quelques minutes par jour dans ces projets que je ne cesse de reporter?» En y réfléchissant, j’ai senti s’ouvrir un vaste monde de possibilités. J’ai pensé à mes 19 591 courriels (!) qui finiraient éventuellement par être classés. J’ai pensé à la guitare, un instrument que j’adore et que j’ai cessé de pratiquer il y a quelques années. Quatre minutes sont peut-être insuffisantes pour atteindre la ligne d’arrivée, mais c’est bien assez pour dépasser la barrière du «tout ou rien» qui nous empêche souvent de commencer. Wow, quel sentiment de liberté…

Un effet d’entraînement
Le mouvement engendre le mouvement; dès qu’on fait une nouvelle action, aussi petite soit-elle, il y a un effet d’entraînement. Même le plus minuscule des pas nous amène à canaliser notre énergie dans la bonne direction, à nous «aligner» intérieurement. C’est le cadeau que je vous invite à vous offrir aujourd'hui, Christiane. Un pas de bébé. Un pas de géant.

Si vous commencez tout juste à relever un grand défi qui vous a longtemps paralysé, ou à vous libérer d’un problème qui vous a longtemps pesé, de grâce, ne mesurez pas vos progrès par les résultats mesurables que vous obtenez. Portez plutôt attention à ce qui se passe à l’intérieur de vous; à votre nouveau sentiment de liberté, à l’harmonie et à l’aisance qui est graduellement en train de s’installer. En fin de compte, ce n’est pas ce que vous accomplissez pendant vos quatre (ou cinq, ou six) minutes qui importe le plus, mais comment vous vous transformez.

Sur ce, je vous souhaite la plus «planante» des journées...

Publié dans à méditer